Les origines du petit-déjeuner américain typiques sont enracinées dans l’histoire culturelle et agricole des États-Unis. Son évolution peut être retracée à l’arrivée des migrants (beaucoup européens) qui à la fois adaptaient leurs repas aux ressources disponibles tout en apportant leurs traditions culinaires. Elles-mêmes se sont fusionnées avec les pratiques des Amérindiens, comme l’utilisation du maïs et du sirop d’érable. La Révolution industrielle a également influencé les habitudes de petit-déjeuner, avec la montée des aliments transformés comme les céréales et le besoin de repas rapides et riches en énergie pour les travailleurs, ce qui a consolidé la structure du petit-déjeuner américain moderne. On peut ainsi dire que le petit-déjeuner américain est le produit d’influences historiques, culturelles et économiques.
Le mot « breakfast » est un mot qui apparaît au milieu du 15ᵉ siècle. Le terme vient directement de l’anglais et est composé de deux éléments :
break (to break en anglais) : « briser » ou « rompre »
fast : « jeûne » ou « jeûne » (au sens de « période de jeûne »)
Ainsi, breakfast signifie littéralement « rompre le jeûne » : c’est le moment où on termine le jeûne nocturne et on commence à manger.
On entend souvent en France, « le petit-déjeuner c’est le repas le plus important de la journée ». Pourtant il est souvent léger, sucré et composé de café/thé/chocolat au lait accompagné de tartines ou de viennoiseries ou pâtisseries. Dans certains cas également de céréales, produits laitiers et jus de fruits. Aux USA, on est plutôt salé que sucré et en fait beaucoup plus varié.
Faisons un petit « tour de table » des choix qui sont proposés aux américains pour le petit-déjeuner. Celui-ci peut être pris (1) soit à la maison ou à l’extérieur (2) soit au « drive » d’un fast-food (système de distribution permettant aux clients de commander et de récupérer leurs repas tout en restant dans leur véhicule) ou tout simplement (3) en s’asseyant dans un restaurant (« Diner ») ce que font près des ¾ des américains au moins une fois par mois pour leur petit-déjeuner.
Denny’s, chaîne de « Diner » datant des années 50 compte 1400 restaurants et à la particularité d’être souvent ouvert 24/24. Pas la meilleure adresse pour la qualité.Un petit « Diner » indépendant comme il en existe beaucoup et partout, souvent ouvert à partir de 6 heures du matin.
Hardees (chaîne de fast-food spécialisé dans les PDJ). Un de leurs anciens slogans « The real Food for the real People » (en traduction littérale, « La varie nourriture pour les vrais gens »
A la maison, du « classique »
A la maison, même si on a parfois des plats servis dans les « Diners » (Œufs, pancakes..) en général le petit-déjeuner de la semaine « tourne autour » de produits préparés rapidement: toasts, céréales, « donut » ou « muffin » accompagné comme en France d’une boisson type café, thé, jus de fruits ou encore ici aux USA un verre de lait. (Cela me rappelle l’école primaire de Carantec ou à 10 heures le matin on buvait un verre de lait chaud sucré pour éponger les surplus de l’Union Européenne qui n’existait pas encore…).
Les céréales aux USA, aussi nombreuses que variées….comme en France.
Le « pain carré » pour les toasts.
L’équivalent de nos viennoiseries françaises, les Muffins ou Donuts (ici le plus classique le « glazed donut » beignet sucré & glacé). On en trouve de nombreuses sortes, fourré ou non).
Les chaînes de Donuts sont nombreuses, ici Krispy Kreme et Dunkin’.
Donuts à consommer sur place, à emporter, dans le magasin ou en drive.
Donut Bank, une chaîne locale indépendante d’Evansville qui compte 10 magasins et ouverte depuis 1967. Notre endroit pour les Donuts, la seule banque qui ne vous oblige pas à avoir un compte pour être client…..
Pour l’équivalent (pas exactement tout de même) de la boulangerie vous avez des chaînes type Panera qui sont spécialisées dans le pain et viennoiseries.
Des Muffins (petit gâteau moelleux cuit dans un moule rond, souvent agrémenté de fruits comme ici aux myrtilles) ou le bon cake aux fruits du goûter.
Au restaurant il y a de quoi se perdre dans les choix !
Des oeufs sous toutes ses formes.
Les Œufs, en plus de se retrouver dans de nombreuses recettes comme les pancakes ou le pain perdu (« French toast ») sont largement représentés directement sur la table du petit-déjeuner et sous des formes très variées.
Au restaurant, vous avez le choix du choix de préparation:
L’omelette facilement personnalisable (bacon, jambon, oignons, tomate ou fromage par exemple).
Les Œufs au plat qui sont déclinés de plusieurs façons :
«Sunny Side-up» : Le blanc d’œuf est cuit mais le jaune est liquide. Le jaune apparaît comme un « soleil » – d’où le nom.
«Over Easy » : L’œuf est retourné une fois pendant la cuisson. Le jaune est liquide.
« Over medium » : L’œuf est retourné une fois pendant la cuisson mais cuit un peu plus. Le jaune est légèrement liquide, avec une consistance de flan ou de confiture.
« Over hard » : L’œuf est retourné une fois pendant la cuisson mais cuit encore un peu plus. Le jaune est complètement ferme et cuit.
Œufs brouillés : 2 œufs ou plus battus dans un bol avant la cuisson, puis cuits dans du beurre ou de l’huile, jusqu’à obtenir une texture moelleuse et à la forme de gros « caillés ». Eux aussi peuvent être plus ou moins cuits (« soft or hard scrambled eggs ») et donc avoir une texture plus ou moins ferme.
Œuf dur : L’œuf entier, encore dans sa coquille, est cuit dans l’eau jusqu’à ce que le blanc et le jaune soient fermes et cuits. L’œuf est écalé après la cuisson.
Œuf mollet : L’œuf entier, encore dans sa coquille, est cuit dans l’eau. L’œuf mollet se situe entre l’œuf à la coque et l’œuf dur : le blanc est pris tandis que le jaune reste fondant et légèrement coulant au centre.
À la coque : L’œuf entier, encore dans sa coquille, est cuit dans l’eau et « bouilli » jusqu’à ce que le blanc soit cuit et que le jaune soit gélatineux et légèrement liquide. (Enfant, l’œuf à la coque faisait parfois notre repas, avec bien sûr des « mouillettes » de pain beurré..).
Poché : L’œuf est retiré de sa coquille et cassé directement dans de l’eau frémissante (parfois avec un peu de vinaigre). Le blanc d’œuf est cuit, ressemblant à un coussin moelleux, avec un jaune coulant à l’intérieur. L’oeuf poché peut entrer également dans la composition de recettes comme l’Oeuf Bénédicte composé de muffin anglais, œufs pochés, lard grillé et sauce hollandaise.
Cuit au four : Il existe de nombreuses façons de cuire un ou plusieurs œufs au four comme par exemple dans un moule à muffin.
Et ce n’est qu’un début:
Du salé avec Bacon (lard), Sausage (saucisse), Hashbrown (galette de pommes de terre rapée et dorée), Grits (bouillie de maïs), Biscuits & gravy, Bagel & Cream cheese,
L’essor du bacon (lard) : Le porc salé est devenu un aliment de petit-déjeuner grâce aux méthodes de conservation et aux pratiques agricoles. Les premiers colons américains, privés de réfrigération, dépendaient de méthodes de conservation telles que le salage et le fumage pour maintenir la viande comestible. Le porc est vite devenu le candidat idéal pour ce traitement. Le ventre de porc salé, précurseur du bacon moderne, est apparu comme un aliment durable, savoureux et riche en énergie—parfait pour soutenir de longues journées de travail dans les fermes. Mon avis: parfait dans des sandwiches, apporte croustillant, goût et sel.
Les Sausage (saucisses) découlent un peu du même process. Elles sont souvent faites avec du porc, du bœuf, ou une combinaison des deux, et sont généralement assaisonnées avec du sel, du poivre et d’autres épices. Mon avis: quand elles sont de bonne qualité, elles peuvent être excellentes.
La première mention des Hashbrown (galette de pommes de terre râpée et rissolée) remonte à 1835 dans le Minnesota (état du nord des USA). Le mot « hash » pourrait provenir du mot français pour « hacher ». Mon avis: Là aussi, si bien cuisiné, excellent.
Les grits est une bouillie faite à partir de maïs moulu, et a des racines profondes dans la cuisine des Amérindiens et la tradition du Sud. Les peuples originaires d’Amérique du Nord préparaient un plat similaire bien avant l’arrivée des colons européens, et avec le temps, la bouillie de maïs est devenue un pilier de la cuisine du Sud. Mon avis: pas pour moi.
Biscuits & Gravy: Ce plat (copieux) est originaire du Sud des États-Unis à la fin des années 1800, à une époque où les ingrédients étaient simples et les ressources limitées. Des biscuits faits de farine et de saindoux étaient recouverts d’une sauce à la saucisse crémeuse, un repas rassasiant et abordable pour les travailleurs. Mon avis: un bon biscuit mais sans gravy! (parfait chaud, beurré et fourré avec bacon, omelette et fromage).
Les bagels, petit pain (souvent précuit à l’eau puis cuit au four) en forme d’anneau à la mie ferme et avec une texture souple et un peu caoutchouteuse. On les associe souvent avec du fromage à la crème (« Philadelphia Cream Cheese), du saumon fumé ou tout simplement une « garniture sandwich ». Mon avis: une fois de temps en temps et bien garni.
Oatmeal: La bouillie de flocons d’avoine, l’équivalent du fameux porridge anglais est un plat à base de flocons d’avoine, généralement cuit avec de l’eau ou du lait. Mon avis: Les flocons d’avoine, c’est uniquement la recette de papa ou de ma femme et cuits en galettes à la poêle. Le porridge ? je m’abstiens.
La liste est encore longue car selon l’état ou le population on retrouve en plus des spécialités locales ou ethniques….
Oeufs, saucisses et Hashbrowns.
Biscuits, omelette, fromage et viande.
Du sucré avec les Donut (beignet), French Toast (pain perdu), Pancakes (crêpes), Waffles (gauffres)….
Les Donuts (beignets) sont arrivés en Amérique avec les colons néerlandais, initialement connus sous le nom de « olykoeks » ou gâteaux huileux. Au fil du temps, ils sont devenus des gâteaux en forme d’anneau, grâce à des innovations dans la friture et la préparation de la pâte. Pendant la Première Guerre mondiale, on les servaient aux soldats à l’étranger et après la guerre, les boutiques de beignets ont prospéré. Mon avis: pas mon favori pour le petit-déjeuner.
Bien que la plupart des gens pensent que le French toast (pain perdu) est un plat venant de France, le premier plat de type pain perdu a en fait été trouvé dans un livre de cuisine romain du IVe siècle, sous la forme de pain blanc sans croûte imbibé de lait et d’œuf et frit avant d’être nappé de miel. Dans les années 1600, les recettes de pain perdu étaient appelées « panperdy » et publiées dans des livres de cuisine anglais. Mon avis: me rappelle le bon « pain perdu de Bonne maman », en moins bon bien sûr.
Les Pancakes (crêpes épaisses moelleuses et « aériennes ») trouvent leurs origines jusqu’aux premiers colons européens. À l’origine préparés avec des ingrédients simples comme la farine, les œufs et le lait, les pancakes ont évolué pour être traditionnellement servies aujourd’hui avec beurre et du sirop d’érable. Mon avis: si bien faites, le « top PDJ » pour un breton qui aime le sucré, surtout celles faites par ma femme.
Les Waffles (gaufres) ont été introduites par les colons hollandais, elles ont gagné en popularité lors des foires et sur les tables de petit-déjeuner, . L’invention des gaufriers électriques au début des années 1900 en a fait un favori des foyers. Mon avis: j’en mange très rarement.
Comme pour les produits salés, la liste est encore longue, mais ceux sont les principaux.
French Toast ou Pancakes ? les incontournables.
Le souvenir personnel: La passion des pancakes
A la fin des années 80, lors de mon tour des USA en moto, à la sortie matinale du camping, je m’arrêtai tous les matins pour le petit-déjeuner dans un Diner. Au menu toujours la même commande, des pancakes ces crêpes qui n’ont rien à voir avec une crêpe classique Française mais qui ressemble (dans le goût, pas la texture) beaucoup à un farz pitilig, un genre de far breton à la poêle. Des centaines consommées, parfois recommandées pour les meilleures…..
Les meilleures, celles maison.
L’intérieur des Diners, souvent typiques et personnalisés
les Diners sont des restaurants simples (en général) avec une décoration personnelle mais souvent sympas.
« Si vous ne tremblez pas, resservez-vous une tasse de café »
Cracker barrel, une chaîne, mais excellent rapport qualité prix des pancakes.
Clin d’oeil à la Bretagne
Que vous soyez salé ou sucré, tout est possible pour votre petit-déjeuner en Bretagne, « surtout » à Carantec, qui en plus de bénéficier d’un microclimat, offre une palette de PDJ variée.
Crepe complète Carantec 2023
Un plat qui pourrait être à la carte de tout « Diner » : prenez une bonne galette complète au sarrasin (blé noir) œufs, jambon, fromage, tomate et la vous avez l’équilibre parfait, tout cela sans gluten pour les allergiques !
PS: le verre de cidre n’est pas recommandé mais vous énervera peut-être moins que le café matinal.
Si vous êtes plutôt sucré, quelques exemples de pâtisseries disponible sur place.
Pour les plus fortunés, Kouing Amann, Nicolas Carro, Carantec 2023
Pour les grosses faims, direction la pâtisserie Carantec 2025
Et si vous n’êtes pas aux USA il ne vous reste juste qu’à cuisiner...assez sucré…
Un classique, far et café.
Gâteau breton aux pruneaux, léger et équilibré…
Un peu moins breton mais un bon chausson maison rien de mieux pour vous garder au chaud en hiver….Et bien sûr les « pancakes » américains maison avec le refrain de Bernard Loiseau en tête: « du beurre, du beurre et encore du beurre »…