* « faire les courses sans dépenser »

Oui les Etats-Unis sont un pays de consommation. On y retrouve néanmoins un nombre très important de magasins « d’occasion » physique de tout type, pour (presque) tous types de produits, et pour toutes les bourses.

Même si en France (comme aux USA d’ailleurs) on peut acheter de nombreux objets d’occasion « en ligne », les magasins « physiques » sont sans aucun doute beaucoup plus nombreux aux USA, même rapporté au nombre d’habitants. Nous avons bien sûr en France des associations comme Emmaüs qui vendent des vêtements d’occasion très bon marché mais pour la plupart des magasins ceux sont souvent des articles « prêt à porter » ou « vintage » qui sont proposés.

Par exemple, dans la ville de 100 000 habitants ou nous sommes on en compte plus d’une dizaine de superficie importante, certains de la taille de supermarché.

On distingue 2 types principaux de magasins d’occasion: (1) les dépôts vente ou l’on dépose les affaires qu’on désire vendre et (2) les magasins ou ceux sont des donations qui sont vendus, souvent pour ces derniers, des magasins liés à des associations caritatives: vous donnez, ils vendent et redistribuent le « fruit » de la vente aux plus nécessiteux.

Un peu d’histoire, parlons donc chiffons:

À une époque plus ancienne, rien n’était gaspillé. « Si vous aviez un vêtement usé, vous le déchiriez pour en faire un tablier, et quand celui-ci était usé, vous le déchiriez pour rembourrer votre chaise », explique l’historienne Jennifer Le Zotte, auteure de From Goodwill to Grunge : A History of Secondhand Styles and Alternative Economies.

Cela a changé à la fin du XIXe siècle, pour plusieurs raisons :  D’une part, les villes américaines ont connu une croissance rapide, en partie à cause de l’afflux historique de nouveaux arrivants lors de la plus grande vague d’immigration aux États-Unis. D’autre part, la révolution industrielle a introduit la production de vêtements de masse, changeant la donne. Plus il devenait abordable d’acheter de nouveaux vêtements, plus les gens considéraient les vêtements comme jetables.

Et pourtant, 2 groupe de personnes (L’Armée du Salut et Goodwill) ont néanmoins vu très tôt qu’il était possible de gagner de l’argent dans le secteur des magasins d’occasions. C’est également à la même époque que les Américains ont commencé à donner davantage aux œuvres de charité.

La « brigade de récupération » de l’Armée du Salut a été lancée en 1897 dans le sous-sol d’un refuge. Les résidents allaient dans le quartier avec des chariots pour demander des vêtements usagés, et ils recevaient en échange nourriture et logement.

Un pasteur méthodiste a lui lancé « Goodwill« , une opération similaire, à Boston en 1902, employant des personnes pauvres et handicapées pour collecter les biens et effectuer les réparations nécessaires. À leur tour, les articles proposés à la vente dans les magasins de ces groupes offraient aux immigrants un endroit pour trouver des vêtements et s’« américaniser ». De nombreux magasins d’occasion offraient également des services sociaux en plus des produits de détail.

Aujourd’hui, 12 à 15 % des Américains font régulièrement leurs achats dans des magasins de consignation ou de revente.

En 2025, le marché de l’occasion aux États-Unis est estimé à 56 milliards de dollars. Les magasins physique d’occasion (plus de 25 000) représentent eux 26 milliards de dollars, soit plus de 45% du marché total de l’occasion.

Globalement, environ un tiers des vêtements et articles de mode achetés aux États-Unis au cours de l’année écoulée étaient de seconde main (magasins physiques et en ligne)

Des stratégies différentes, avec toujours le même but, vendre et déstocker:

Pour illustrer, 3 exemples de magasins qu’on peut voir ici:

1- « WORLD WIDE MISSION & CONSIGNEMENT STORE »: C’est le plus grand magasin d’occasion de la ville:

Du dépôt vente avec une remise permanente de -50%, 365 jours sur 365 (quelle stratégie ! ) avec quelques pics à-75%.

Un peu de tout mais beaucoup de vêtements rangés nickel, par genre, puis par taille, puis par catégorie de produit et même par couleur….

Parfait pour le client. Par contre si vous déposez un article, à vous de vous assurer régulièrement qu’il a été vendu. Si sous 90 jours après sa vente vous ne vous manifestez pas, le montant est versé à une organisation caritative. Egalement, si 90 jours l’article n’a pas été vendu, il est donné à une organisation caritative. Le % que vous recevez comme vendeur est de 40%, les 60% restants étant versés au magasin.

2- THRIFT STORE SAINT VINCENT DE PAUL: l’exemple type de donation dans un but caritatif, non lucratif.

Uniquement des donations, vendus à prix très raisonnables, les vêtements sont étiquetés avec des pastilles de couleur jaune, verte, bleue et rouge. Des remises sont appliqués sur certaines couleurs chaque semaine.

3- « CAMILLE CLOSET, un dépôt vente avec surtout des vêtements, sacs, bijoux…de marque avec des remises ponctuelles et un système de prix décroissant selon la date de mise en vente.

Dans l’exemple ci-dessous (attention il faut suivre ! ou peut servir d’exercice de calcul !): un pantalon vendu initialement à 12.95 dollars, remisé à 10.36 dollars si vendu après le 08/07/2025 et 9.07 dollars si vendu après le 07/08/2025. Le pantalon est acheté après cette dernière date donc facturé 9.07. Une remise supplémentaire de -20% (période de soldes !) soit un prix final de 7.77 dollars (6.5 euros).

Le(s) souvenir(s) personnel(s): « Sortez sans vous ruiner », « des sorties shopping » à 0.5, 11 et 18 euros

Bon, chacun ses goûts et ses couleurs et les exemples qui suivent ne sont peut être pas les meilleurs, mais il donne une bonne idée sur le recyclage possible de vêtements et d’articles parfois neufs et toujours en bon, voir très bon état.

11 euros pour s’habiller, apprendre à compter et prendre des notes

Une veste de moto doublée et coquée, la sécurité pour 18 euros

Une chemise Adidas neuve à 1 euros (-50%) = 0.5 euro

Et si vous n’avez plus d’argent, il vous reste toujours…le caddie des gratuits ou…..les poubelles de ces magasins……

Clin d’oeil à la Bretagne

En plus, en Bretagne, en fouillant bien dans ces magasins d’occasion, on trouve toujours des alternatives aux vêtements pour se réchauffer….

3 réponses

  1. Les américains sont forts en recyclage! 👏
    De l’autre côté – fort aussi de pousser la consommation.
    Je me souviens de tous les sales-days. De l’Europe je connaissais que les soldes d’hiver et d’été. Aux US il y avait grandmother-day’s sale, secretary day’s sale etc. 🤣 Il y avait tous les mois minimum une semaine ou un week-end de soldes. J’étais très impressionné à l’époque.🥹 Je suppose que ça n’a pas changé ?

  2. Merci Vincent, ta note finale avec la Bretagne est PARFAITE
    Je ne sais pas si Marinette lit ton blog ( je doute) mais cela l’amuserait de voir ce qu’il y a à St Vincent de Paul de l’autre côté de l’Atlantique car elle est très investie à Morlaix et organise les ventes.
    Merci pour ce blog, je le lit entièrement et je me régale.
    Je t’écris de la Martinique où nous sommes pour 15 jours chez Anne-Marguerite et tous les siens.
    Super séjour mais …. Quelle chaleur.

    Je vous embrasse TOUS
    FLO

  3. Well done, Vincent. Interesting and expressive with the photos.

    I can’t remember the last time I bought clothing at a retail store. Second hand is my choice as long as the environment is healthy and the articles are clean and lightly worn. I buy shoes and under clothing new.

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